Nourritures terrestres
Du "ventre" de Paris (le quartier des Halles), le marché de gros de la capitale française a migré en 1969 en banlieue sud où il s’étale sur des kilomètres carrés de rues et de pavillons aux allures d’entrepôts. J’y suis allée vendredi dernier en visite guidée pour un article à paraître dans le quotidien Le Soleil de Québec.
Il faisait nuit noire sur Paris l’endormie en ce petit matin frais. Tandis que le bus démarrait à 4h45, certains étaient déjà en plein travail à Rungis. Leur tâche: alimenter toute la grande région parisienne et même au delà en produits frais et de plus en plus transformés: poissons, fruits de mer, viandes, fromages, fleurs.
À 5 heures, le marché est en pleine effervescence extérieure: un ballet de camions et camionnettes de livraison se remplissent aux portes des différents pavillons pour prendre le chemin de détaillants et restaurants. Le pavillon de la marée compte 28000 m² ! Les poissonniers, à l’oeuvre depuis 20 h, y ont presque terminé leur travail. Les boîtes de styromousse s’alignent encore par ci par là, laissant voir de beaux bars frais, de grosses crevettes de Madagascar, des coquilles Saint-Jacques, des langoustines. On y célèbre aussi l’arrivée des homards…
Au pavillon de la volaille, le poulet de Bresse voisine avec le foie gras en boîte, comme juste à côté, au pavillon de la viande, les bœufs entiers pendent sur des crochets près de délicates pièces de bison. Pas un endroit pour végétariens… En déambulant dans l’allée centrale bordée par les emplacements de grandes maisons de gros, on y apprend à repérer les patrons, arborant un chapeau, et les vendeurs à casquettes. En arrière, des bouchers découpent toute la nuit la viande commandée par les clients.
Arrêt suivant: au pavillon de la triperie où un alignement de têtes de veau nous salue tandis que des langues de bœuf nous tirent la langue !
Il est temps de filer au Pavillon des fruits et légumes, qui fait la part belle aux maraîchers de la région parisienne, proposant de belles salades et fines herbes. Plus loin, on vend du blé d’Inde prêt à cuire, des asperges vertes espagnoles, de grosses blanches de la Loire et de fines asperges sauvages.
Côté fruits, le marché est tout rouge ce matin, avec ses cageots de fraises à perte de vue.
Après le pavillon des produits laitiers, où d’impressionnantes meules de fromages sont empilées partout, on finit par le pavillon des fleurs, expression de la déprime française… Il y a 40 ans, se souvient notre guide, il y avait ici 100 rosiéristes français; il n’y en à plus que 4… La mondialisation aidant, les Hollandais ont envahi le marché international des fleurs et le pavillon s’essouffle même s’il compte encore quelque 22000 m² de fleurs, avec dominance en ce moment des pivoines, des roses et des lilas.
Je m’amuse à voir passer des acheteurs à vélo dans les pavillons, histoire d’arriver plus vite à destination, mais il est huit heures, plus que temps pour nous de filer au restaurant L’Etoile, l’un des 17 restos de cette ville dans la ville. Comme les travailleurs (12.000 en tout), notre groupe termine sa visite par un déjeuner consistant: café, assiette de jambons blanc et fumė, assiette de fromages, baguette fraîche et croissant itou. Nous voilà d’attaque pour entamer une vraie journée de touriste parisien…
Prix Albert Londres… suite
Surnommé le « Goncourt du journalisme » , le Prix Albert Londres récompense le meilleur reportage de la presse écrite et le meilleur reportage audiovisuel de l’année, signé par un grand reporter francophone de moins de 40 ans. Les prix seront remis le 10 mai à Montréal.
Composé de 23 membres et présidé par Annick Cojean, grand reporter au Monde, le jury du prix Albert Londres a annoncé sa sélection de sept finalistes sur 54 candidatures dans la catégorie presse éc
Guillaume Lavallée (AFP, Québec) pour ses reportages au Pakistan et son livre Dans le ventre du Soudan (Éditions Mémoires d’encrier)
Doan Bui (Le Nouvel Observateur, France) pour son enquête Les fantômes du fleuve
Luc Mathieu (Libération, France) pour ses articles sur la Syrie et la Libye
Ondine Millot (Libération, France) pour ses sujets sur les affaires Merah et Florence Cassez;
Mathieu Palain (revue XXI, France) pour son texte « Putain Dewey, regarde-toi »;
Lucie Peytermann (Libération, France) pour ses articles sur le Pakistan
Jordan Pouille (Le Temps, Médiapart, XXI, Le Soir, La Vie, Le Monde diplomatique, France) pour ses sujets sur la Chine.
En tant qu’ancienne journaliste de l’AFP et connaissant Guillaume Lavallée – en poste en ce moment au Pakistan – un peu personnellement et beaucoup de réputation, je vote pour lui !!
On crée à Montréal
Reconnue pour sa vitalité artistique, la ville de Montréal a de bonnes raisons d’attirer les touristes (comme ses propres habitants) intéressés par les découvertes culturelles originales.
Les dix circuits proposés dans le nouveau Guide du Montréal créatif, édité par la maison d’édition Ulysse, invitent à plonger dans l’univers des arts numériques, des arts visuels, des arts de la scène, de la musique et du design.
Signé par le journaliste Jérôme Delgado, il explore la métropole québécoise par quartiers, avec leurs musées, galeries d’art, théâtres, ateliers, centres d’artistes… tout en faisant la part belle aux œuvres d’art public, des murales aux graffitis les plus étonnants. Sans oublier quelques bonnes adresses de restos, bars et cafés où rencontrer des artistes montréalais.
Le Guide du Montréal créatif est disponible en version papier pour 29,95$, en version numérique pour 21,99$ et par chapitres numériques (de 0,99$ à 3,99$ chacun).
Le Prix Albert Londres remis à Montréal le 10 mai
Tout un honneur !
Montréal a été choisie comme ville-hôtesse pour la remise du prestigieux Prix Albert Londres qui fête son 80ème anniversaire cette année. Surnommé le « Goncourt du journalisme » , le prix récompense le meilleur reportage de la presse écrite et le meilleur reportage audiovisuel de l’année, signé par un grand reporter francophone de moins de 40 ans.
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie » : disait Albert Londres, l’un des premiers journalistes d’enquête au monde !
Le premier Grévin hors de France ouvre à Montréal: des vedettes plus vraies qu’en vrai
Au bout d’un couloir sombre, la lumière éclate dans la première galerie Paris-Québec du nouveau Grévin Montréal (avant Prague en 2014, puis Singapour). L’hommage à l’amitié franco-québécoise passe par la rencontre « scénarisée » de statues de cire hyperréalistes de vedettes. Michel Drucker pose ainsi avec l’animatrice québécoise Julie Snyder et le parolier Luc Plamondon; Aznavour n’a d’yeux que pour la chanteuse Marie Mai; Nicolas Vanier pousse son traîneau à chiens en direction de Gilles Vigneault; Franck Dubosc fait de l’humour avec Stéphane Rousseau, tandis qu’Yves Duteil gratte sa guitare avec Roch Voisine et l’imitatrice Véronic Dicaire.
Sur une reproduction de patinoire, Robert Charlebois joue au hockey avec les grands du Canadien de Montréal. Le « vrai » n’en revient pas de la finesse du « travail d’artiste » sur son frère jumeau qui « va vivre bien plus longtemps » que lui-même.
Les statues sont en effet plus vraies que nature. Tellement qu’en déambulant dans la salle de bal archi-comble le jour de l’inauguration, j’ai plusieurs fois dit pardon à une vedette de cire ! Et souris à ma reine préférée (ci-dessus) et astronaute préférée (ci-dessus).
Le musée parisien est plus que centenaire mais celui de Montréal est son porte-étendard pour dépoussiérer la « marque ». Il ne donne pas seulement une seconde vie à 120 personnalités, de Jacques Cartier à Céline Dion qui trône dans la salle de bal, avec René Angélil en arrière-plan ! Le Grévin Montréal offre aussi un spectacle multimédia immersif, une expérience interactive dans la peau d’un personnage de jeu vidéo et un atelier-découverte sur les coulisses de Grévin, avec captage numérique de la tête du visiteur et création virtuelle de sa propre statue, estampillée Grévin.
Ayant redonné vie aux derniers étages du Centre Eaton (ce qui devrait ravir les commerçants aux étages inférieurs), le Musée Grévin s’est aussi adjoint le chef Relais & Châteaux Jérôme Ferrer pour ouvrir un resto-boutique à l’ambiance très bistro parisien. Au menu du Café Grévin par Europea, petit déjeuner, boîtes à lunch, salades-repaset un rayon extra de boulangerie et pâtisseries fines. A déguster sur place ou à emporter.
Cuisine électro
J’adore recevoir ce genre de communiqué de presse sur de vrais originaux.
Issu de la galaxie des Bergen, bien connus des critiques gastronomiques québécois puisqu’ils sont en charge des communications pour les Relais & Châteaux canadiens, celui-ci fait toutefois bande-à-part.
Eric-Pierre Bergen (dit EP), est le co-fondateur de Bran Van 3000, auteur-compositeur-interprète-producteur d’une musique bien spéciale. Il vient de « mijoter » un album dédié à sa deuxième passion, la cuisine !
L’aimant conviviale et rythmée, il livre avec Cooking Jams – L’album gourmand une compilation de compositions électro originales, adaptée au chef qui mitonne ses plats comme plus tard à table, en fond sonore.
« Mes meilleurs souvenirs, dit-il, sont souvent ceux passés autour d’une table. En regardant les photos de famille, on croirait que j’ai passé ma vie à table et dans mon cas, en cuisine avec ma mère qui a développé mes techniques, mon palais et l’amour du bon et du vrai ».
Les pièces musicales sont disponibles dès à présent sur ITUNES et AMAZON .
Les Francofolies de Montréal ont 25 ans
L’Équipe Spectra dévoilait hier la programmation en salles de cet événement-phare de la chanson francophone, prévu du 13 au 22 juin. Un melting-pot qui fait tourbillonner les têtes et les oreilles, tant on cherche à plaire à tout le monde et surtout à remplir les salles. Faut ce qui faut !
Alain Simard, le PDG, estime que les Francofolies "ont le vent dans les voiles" depuis leur déplacement dans le créneau du mois de juin, où elles lancent la saison des festivals estivaux au Québec. Allez-voir les monstres sacrés mais ne négligez pas les "artistes en développement" qui font les premières parties, conseille-t-il.
Laurent Saulnier, brillant programmateur, a concocté une sélection aussi riche que d’habitude. Côté nostalgie, place Au Chants d’amour de Félix (Leclerc) en grand spectacle d’ouverture en salle, avec Gilles Vigneault comme chef de chœur ! En clôture, c’est un Salut à Claude Léveillée qui sera orchestré par plusieurs artistes québécois.
A noter: l’association avec le Théâtre du Nouveau Monde pour la présentation de six représentations de la pièce de théâtre musical Le chant de Sainte-Carmen de la Main, mis en scène par René-Richard Cyr à partir d’une pièce de Michel Tremblay; un hommage à Brel le 19 juin; le retour de Serge Lama, les 50 ans de scène de Robert Charlebois…
A suivre: la bombe Lisa LeBlanc; le jeune groupe Forêt; le buzzy man Karim Ouellet; Coeur de pirate en solo; Jorane au Gesu; les folles nuits aux Katacombes; Daphné chante Barbara, un must selon Laurent Saulnier.
Toutes infos sur www.francofolies.com
Le jardin du capitaine
Elle s’appelle Mimi Lépine et est bien sympathique. L’artiste-peintre québécoise lançait il y a quelques jours à Montréal un livre dont la couverture avait accroché mon œil: un joli dessin coloré sur l’île d’Orléans et son pont, que j’emprunte une fois par mois pour raisons familiales. Mimi Lépine a une maison sur le cap de Sainte-Pétronille à l’île d’Orléans et c’est là qu’elle a rencontré Pierre Paul Plante. C’est son histoire d’enfant (devenu capitaine) qu’elle raconte avec beaucoup de fraîcheur dans "Le jardin du capitaine", à travers les souvenirs d’un homme bercé par le fleuve Saint-Laurent comme par les traditions ancestrales, à une époque où le reste du Québec s’enflammait dans une "Révolution tranquille" pas si tranquille.
Au lancement organisé par la maison d’édition Art Global, chez Tapeo, dans le quartier Villeray, c’est le brillant journaliste-animateur Jean-François Lépine, le frère cadet de l’auteure, qui la présentait avec beaucoup de respect et d’humour… Ce qu’il n’avait guère (et on le comprend) quelques jours plus tard en annonçant son propre départ de Radio-Canada après plus de quarante ans au service de la chaîne de télévision nationale. Il œuvrait à mieux faire comprendre l’actualité internationale, devenue au fil des ans le parent plus que pauvre de Radio-Canada, ce dont il se désole comme bien d’autres, dont moi !
Marcher au Québec
Je viens de recevoir un beau "pavé" des Éditions Bipède: Répertoire des lieux de marche au Québec. Ce guide de plus de 500 pages publié par la Fédération québécoise de la marche en est à sa huitième édition. Il est extrêmement complet et fourmille d’informations précieuses sur 763 lieux de promenade ou de randonnée, couvrant toutes les régions de la province. Son poids n’en fait certes pas un guide à mettre dans son petit sac à dos de jour ou son gros de longue randonnée mais au moins dans l’auto ! De fait, c’est plutôt un "sélectionneur" de sorties à consulter la maison. Il comprend aussi 765 points d’accès géoréférencés et 647 codés pour appareils mobiles, histoire d’être bien dans l’air du temps !
Une nouvelle « Table du sommelier » à Québec
Inverser la proposition gastronomique, voilà l’idée toute nouvelle mise de l’avant dès le 27 février prochain par le restaurant Panache de l’Auberge Saint-Antoine à Québec. Chaque mercredi, le chef Julien Dumas proposera la Table du sommelier : vous choisissez vos vins et lui choisit vos plats en harmonie.
Le forfait comprend 4 services (deux entrées, un plat, un dessert), incluant un verre de vin par service, le tout pour 120 dollars avant service et taxes. Pour 22 $ de plus, vous aurez droit à un verre de vin supplémentaire, avec plateau de fromages assortis ! En prime : un Kir Panache gratuit pour les dix premières réservations chaque semaine.
A noter: la cave à vin du Panache est réputée, avec plus de 12000 bouteilles, de nombreux vins de garde et importations privées, plus de 700 étiquettes et 14 pays couverts .
Autre nouveauté: le brunch du Panache, à 18 dollars. La salade de saumon, avec gaufre de pommes de terre, crème raifort, sauce au fromage blanc et citron vert me fait saliver même à distance !
L’Auberge Saint-Antoine est un superbe Relais & Châteaux « urbain », très hôtel-boutique et bien situé dans le Vieux-Québec.
Tél.418-692-1022; www.saint-antoine.com






