La chute du roi de l’infidélité

Dans Le Monde daté du 2 septembre, je signe une page Enquête sur le «personnage» pour le moins sulfureux nommé Noel Biderman qui a créé le site Ashley Madison, spécialisé dans les rencontres adultères. Avec des histoires parfois peu ragoûtantes ! Grandeur et déconfiture pour lui comme pour le groupe Avid Life Media dont il vient de démissionner de la présidence à la suite des révélations du groupe de hackers The Impact Team.

Il aimait parader dans les shows télévisés nord-américains et donner des conférences sur l’industrie du divertissement. C’en est fini  : Nœl Biderman, qui s’accordait le titre de «roi de l’infidélité», est tombé de son piédestal vendredi 28  août. Le créateur du site canadien Ashley Madison, victime d’un piratage retentissant, a dû démissionner de la présidence d’Avid Life Media (ALM), société mère de la plate-forme de rencontres adultères.

La décision, prise «d’un commun accord», selon la compagnie torontoise, survient moins de deux mois après le piratage du site par un groupe qui se nomme The Impact Team. Avid Life Media ayant refusé sa demande de fermer le site au slogan accrocheur («La vie est courte. Prenez un(e) amant(e)»), les hackeurs ont rendu publiques, le 18  août, des données concernant une trentaine de millions d’utilisateurs à travers le monde.

La cyberattaque mobilise la police canadienne, le FBI, le département américain de la sécurité intérieure et les experts en piratage informatique. Elle touche des millions de personnes qui, de Paris à Séoul, New York ou Tel-Aviv, craignent désormais de voir étalées sur la place publique des informations sensibles les concernant, eux qui croyaient pouvoir chercher en toute discrétion, par le biais du site Ashley Madison, une aventure extraconjugale.

Pour le groupe torontois comme pour son patron, c’est le début de la fin. Nœl Biderman quitte le bateau, ou plutôt la flotte qu’il faisait voguer allègrement. A savoir le site vedette Ashley MadisonEstablishedmen.com (qui mettait en relation «de belles jeunes femmes avec des hommes qui ont réussi») et Cougarlife.com (pour «jeunes étalons cherchant des femmes d’âge mûr»). Le tout chapeauté par Avid Life Media, qui revendique le titre de «leader des rencontres extraconjugales discrètes», mais dont l’avenir est désormais compromis.

Pour Nœl Biderman, c’est la descente aux enfers. Car il était jusqu’ici un homme d’affaires bien en vue au Canada, en raison d’une réussite financière fulgurante mais aussi du fait de son «créneau» commercial. Avocat de formation, ex-directeur canadien d’une agence internationale pour sportifs de haut niveau, cet homme à la quarantaine flamboyante a déjà été juge pour un concours de beauté télévisé. Il a eu du nez pour lancer le site Ashley Madison en janvier  2002. Ce qu’il considérait au départ comme une «niche» est devenu un marché planétaire lucratif  : celui de l’infidélité maritale, qu’il considérait comme dépassant celui des rencontres pour célibataires, parce que relevant d’un «comportement universel» qui fait «partie de la condition humaine».

« Une raison légitime »

La clé du succès ? Promettre aux abonnés la plus grande discrétion. Le succès ne s’est pas fait attendre. «J’imprime des billets de banque, je ne m’en cache pas. C’est ce qui arrive lorsque vous bâtissez une entreprise ciblant un tabou», confiait-il en 2014 au New York Post. Le crâne un brin dégarni, les yeux perçants et rieurs, ce juif torontois, toujours bien habillé, a de bonnes manières et excelle face à des étudiants ou des caméras. Sans état d’âme. En  2013, il a financé des recherches en vue de lancer une application sur téléphone portable sur le thème  : «Combien vaut votre femme » ? Les abonnés rendraient publique la photo de leur épouse et la ferait «évaluer» par les internautes. Ashley Madison se défend d’être amoral, et dit plutôt qu’il remplit «un vide énorme dans les cœurs d’hommes et de femmes mariés».

Son credo est bien huilé et il le développe dès qu’une tribune lui est offerte – il apparaît seul ou avec sa femme Amanda, qui prête son image à des affiches publicitaires du site. Sur LinkedIn, Nœl Biderman diffuse une vidéo dans laquelle il donne une conférence sur «la cyberanthropologie de l’infidélité». Dans un entretien à l’émission télévisée Huckabee Show, qu’animait l’ancien gouverneur républicain de l’Arkansas Mike Huckabee, sur la chaîne américaine Fox News, il vante les mérites d’Ashley Madison  selon une mécanique bien huilée : l’infidélité est un comportement universel  ; pour la vivre, les gens ont besoin de discrétion  ; le site offre donc le moyen de préserver la paix des ménages, voire de consolider un mariage…

Déjà, en  2011, dans un livre publié en anglais sous le titre Les tricheurs prospèrent (Cheaters Prosper), il expliquait en quoi «l’infidélité sauve les mariages modernes». Rien ne le stoppe  : sur CNN, en  2008, il se dit convaincu qu’une femme ayant pris du poids est «une raison légitime» pour un mari d’avoir une aventure extraconjugale. Sur ABC, en  2013, il complète  : son site répond à un «besoin d’intimité» qu’une femme mariée ne peut pas toujours combler chez un homme. Il évoque même une «alternative au divorce» offerte par un site faisant quasiment office de «service public».

Toujours à ABC en  2013, il confie, en présence de sa femme, qu’ils sont tous deux «fidèles» après plus de dix ans de mariage. «Nous avons des valeurs traditionnelles», souligne le couple, qui a deux enfants. Ils ajoutent qu’ils seraient «dévastés» d’apprendre l’infidélité de l’autre. Mais les hackeurs de l‘Impact Team ont rendu publics des milliers de messages mails de Nœl Biderman qui suggèrent son infidélité. Les pirates lui ont même concocté une note personnalisée  : «Hello Nœl  ! Maintenant, tu peux voir que c’est bien vrai.» Tellement vrai qu’après avoir épluché ses mails depuis 2012, le site américain d’information sur Internet BuzzFeed découvrait le pot aux roses  : Nœl Biderman avait eu plusieurs aventures, notamment avec une étudiante identifiée comme «Melisa from the spa», et entretenu une correspondance avec une Torontoise – ils y discutaient de rencontres dans des hôtels ou cafés.

Ces révélations, survenues la veille de sa démission, ont sans doute précipité le départ de Nœl  Biderman. Ce dernier se plaisait à répéter  : «Je suis un homme marié heureux.» En  2014, il affirmait encore au New York Daily que son mariage était «solide» et qu’il n’avait «pas encore» eu d’aventure.

Revendiquant près de 40  millions de «membres anonymes» dans 46 pays, ALM connaissait une forte croissance. Une entrée d’Ashley Madison sur le marché chinois devait même être accélérée et, pour cela, la firme recrutait à tour de bras pour renforcer son équipe de 150  salariés. Avec un chiffre d’affaires de 105  millions d’euros en  2014, ALM figure au dernier palmarès des 500 entreprises canadiennes les plus profitables. Le groupe travaillait à une entrée à la Bourse de Londres – désormais peu probable – avec pour objectif de lever 187  millions d’euros afin de poursuivre son développement, notamment en Asie, en visant une valorisation de 900  millions d’euros.

Milliers de faux profils féminins

Ashley Madison a multiplié les ouvertures de sites ciblant des marchés nationaux. En usant de pratiques de marketing agressives qui n’étaient pas du goût de tout le monde. Slogans-chocs, placards publicitaires provocants, utilisation d’images de célébrités sans autorisation… En Espagne, la reine Sofia a porté plainte en  2012 contre Ashley Madison qui avait utilisé son image dans une campagne d’affichage.

En France, la même année 2012, Nœl Biderman avait misé sur une campagne similaire pour ajouter le pays à son tableau de chasse. L’affiche préparée représentait quatre présidents de la République (François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande) avec une marque de rouge à lèvres sur le visage. Slogan  : «Quel est leur point commun  ? Ils auraient dû penser à Ashley Madison. La vie est courte, tentez l’aventure.» Sous-entendu  : si ces hommes politiques étaient passés par ce site, leur infidélité serait restée confidentielle… La campagne a été refusée par les sociétés d’affichage, mais le groupe canadien a néanmoins réussi à installer en deux points de Paris – Bastille et Alma-Marceau – une grande bâche reprenant ce visuel publicitaire.

Quelques jours après l’opération parisienne, le projet d’installer à Bruxelles 300 affiches montrant les portraits du roi Albert II, du prince Charles et de Bill Clinton a également avorté, l’afficheur Jean-Claude Decaux ayant fait machine arrière. En revanche, le site a pu utiliser sans problème les effigies de Bill Clinton et d’Arnold Schwarzenegger pour le lancement de son site en Allemagne.

En Asie, l’implantation de la plate-forme a également fait polémique. En Corée du Sud, par exemple, Ashley Madison revendiquait 50 000 abonnés après deux semaines d’ouverture, en avril  2014. Les autorités de Séoul ont alors ordonné la fermeture du site, le jugeant immoral, mais ALM a contesté la décision et gagné devant les tribunaux. Quand le site a rouvert, 100  000 Sud-Coréens s’y sont abonnés en deux semaines…

Si la démission de Nœl Biderman est présentée comme étant «dans le meilleur intérêt de la société», pourra-t-elle empêcher sa propre descente aux enfers ? ALM jure tout faire pour «s’ajuster après l’attaque criminelle contre l’entreprise et la vie privée de ses membres». Mais comment ceux-ci pourraient-ils encore faire confiance à Ashley Madison qui leur promettait sur sa page d’accueil un service «100  % discret» ? ALM a beau répéter qu’elle a «sécurisé» ses sites, «fermé les points d’accès non autorisés» et retiré tous les messages liés à «l’incident», notamment «les données personnelles d’identification» de ses abonnés, le mal est fait. Surtout, il se voit encore. Et partout. Nombre d’informations personnelles et intimes traînent désormais sur le Net, sous forme d’adresses mail, de profils, de noms, de numéros partiels de cartes bancaires, de préférences sexuelles, d’historiques de navigation…

La vaste opération de piratage a également mis en lumière plusieurs irrégularités commises par le site de rencontres. Par exemple d’avoir publié des milliers de faux profils féminins. Ou d’avoir empoché près de 700  000  euros en  2014 en proposant une «option» payante à ses utilisateurs pour que leurs données de profil soient effacées. Les pirates ont montré qu’ALM les avait plutôt conservées. Le groupe doit également faire face à plusieurs plaintes d’envergure, au Canada et aux États-Unis, de la part d’utilisateurs en colère, pour violation des lois contre la protection de la vie privée et négligence dans la protection de données personnelles. La liste des procès risque de s’allonger rapidement. ALM affirmait avoir investi dans les technologies de sécurité les plus performantes, qualifiant même son environnement technologique de «chef-d’œuvre». On a vu le résultat.

Un détour chez Roger L’Ermite dans Lanaudière

Article paru le 20 juillet 2015 sur canoë.ca

Depuis son ouverture en 2010, le site Chez Roger l’Ermite, à Saint-Côme, dans Lanaudière, n’en finit pas de s’agrandir, sans pour autant y perdre son âme. Un nouvel écogîte et un petit camping viennent désormais compléter l’offre d’hébergement de ce domaine pas comme les autres.

Le nouveau chalet La Rive, très lumineux et doté d’un toit végétal, porte bien son nom. Il est installé tout près de la rivière à Boule, tout comme les emplacements de camping, qui sont vraiment à deux pas pour se mettre à l’eau.

Les quatre autres écogîtes de Chez Roger l’Ermite sont disséminés dans la forêt à flanc de colline. Pas un qui ne se ressemble sauf qu’ils sont tous rustiques à souhait, fabriqués en bois coupé sur place, sans eau courante, avec toilettes au compost et énergie solaire. L’intérieur est néanmoins confortable et décoré avec beaucoup de goût et d’originalité par Martin Paradis, le maître des lieux.

C’est pour partager sa passion du bois et permettre aux visiteurs de se ressourcer dans la nature que Martin a conçu son projet. «Jeune, dit-il, je vivais en forêt, je grimpais aux arbres et y construisais des cabanes. Après avoir travaillé dans un bureau, j’ai eu envie de revenir aux sources. Je suis devenu arboriculteur et j’ai commencé à récupérer de beaux troncs d’arbres, puis à en faire des planches. L’idée de construire ces maisonnettes rustiques et de proposer ainsi un hébergement alternatif est ensuite venue naturellement.»

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Éloge de la lenteur : TGV Paris-Barcelone

Train TGV Paris-Barcelone - Anne Pélouas

Neuf heures du matin en gare de Lyon, dans la capitale française : 6h15 plus tard, passées en TGV, on peut être à Barcelone la vibrante… mais pourquoi se priver de découvrir en cours de séjour quelques-unes des belles villes qui se trouvent sur le trajet, d’autant que leurs gares sont au cœur des cités?

Roulant presque toujours à 295 km̸ h, le TGV est en soi une expérience. Après la bousculade des quais de gare parisienne, l’ambiance feutrée des voitures bien insonorisées fait déjà descendre l’adrénaline d’un cran. Un regard vers l’extérieur et on a déjà quitté la grande ville pour filer vers le sud-est de la France. Du haut des voitures duplex, on a la plus belle vue panoramique. Défilent un aqueduc romain, des champs de céréales, des forêts, des troupeaux de vaches et de moutons, quelques villages… Cette traversée de paysages en accéléré nous mène bientôt à la vallée du Rhône. Coteaux et vallons se succèdent, avec les premiers vignobles et champs de lavande, la garrigue et le roc calcaire qui affleure. Dans le confort du TGV climatisé, on sent déjà la chaleur du sud…

Montpellier, comme un village de charme

Après Nîmes, Montpellier est le deuxième arrêt sur la ligne. A ne pas rater! La ville jumelée à Sherbrooke en vaut la chandelle, même pour seulement 24 heures. Un peu plus et on pourra profiter de la plage, à 11 kilomètres, accessible en tramway ou en vélo. De la gare, le quartier historique (surnommé l’Écusson) est à deux pas… De jolis hôtels de charme vous accueillent et tout s’y fait facilement à pied! On y découvre de grandes places comme celle de la Comédie, de verdoyantes allées comme celle de la place de la Canourgue et, surtout, des ruelles «blanches» moyenâgeuses, encadrées par de hauts murs de calcaire cachant des hôtels particuliers du XVIIe siècle. La ville en compte 80, dont celui du marquis de Montcalm. Par un passage voûté, on pénètre dans le jardin presque secret de L’Hôtel des Trésoriers de la Bourse. Quelques bons fruits frais en poche, achetés aux Halles Castellane, on pique vers le nord pour longer un monastère massif qui abrite la plus ancienne école occidentale de médecine et une cathédrale gothique au curieux porche soutenu par deux piles. Plus au nord encore, on fait le tour de l’imposant Couvent des Ursulines devenu centre de Montpellier Danse avant de remonter vers deux bâtiments symbolisant bien l’effervescence culturelle de la ville.

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Une visite au pays du sel et de sa fleur, la Guérande

Guérande - Anne Pélouas

Entre terre et mer, un paysage complètement atypique se dévoile : le plat pays vu de loin ne l’est nullement lorsqu’on sillonne la route étroite qui serpente sur un terre-plein argileux, bordé de milliers de rectangles d’eau luisante ou de grands étangs… jusqu’au bord de mer Atlantique. 

Sur la presqu’île de Guérande, juste au nord de la station balnéaire huppée de La Baule, on est au cœur de marais salants qui couvrent 2000 hectares. Du travail du paludier à la table, où le sel de Guérande et la délicate fleur de sel sont réputés partout dans le monde, il y a tout un savoir-faire ancestral et artisanal à découvrir. Les paludiers sont de curieux agriculteurs « miniers » : de vrais alchimistes, capables dans leurs salines de faire surgir de l’eau de mer ces fins produits 100% naturels, très riches en oligo-éléments et étonnamment pauvres en sodium. Le tout au terme d’un processus complexe d’évaporation de l’eau et de cristallisation du sel du à l’effet conjugué du vent, du soleil, de l’eau et de la main de l’Homme.

Sortie de plein air
Rendez-vous d’abord à Terre de Sel, au pied du joli village fortifié de Guérande, halte de choix pour la nuit et qui mérite aussi une bonne demi-journée de visite : tour de ronde sur les remparts, balade dans les rues pavées autour d’une belle Collégiale, shopping chez les artisans… Terre de Sel offre pour sa part une autre visite instructive. L’organisme à vocation touristique est une filiale de la Coopérative Les Salines de Guérande, qui regroupe les deux tiers des 300 paludiers de la région, avec une jolie boutique et une exposition permanente. On y organise aussi à l’année de nombreux tours guidés dans les marais salants, qui plairont autant aux adultes qu’aux enfants. En compagnie d’un guide naturaliste, on peut par exemple partir à pied, jumelles au cou, pour une petite virée à la fois ornithologique, agricole et culturelle ! Site naturel classé, les marais salants abritent 300 espèces d’oiseaux, dont de nombreux migrateurs attirés dans ce qui est un véritable garde-manger semi-marin…

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Les Iles du Pot à l’Eau-de-vie sur le fleuve

Iles du pot-au-vin - Anne Pélouas

Le Sauvagîles fend l’eau et ses vagues quand le phare, tout habillé de rouge, se découvre à l’horizon, grossit et grossit jusqu’à l’approche finale. On débarque sur un long quai de bois qui grimpe sur les rochers de la petite île escarpée. Les visiteurs d’un jour partiront bientôt et l’île du Pot-du-Phare sera alors toute à nous! C’est la seule île accessible de l’archipel du Pot à l’Eau-de-Vie. 

Géré par la Société Duvetnor, l’archipel (qui doit son nom à son utilisation discrète au temps de la prohibition) est une des merveilles du Saint-Laurent, un site de rêve pour une nuit de rêve… Occupé à partir de 1861, et laissé à l’abandon en 1975, cet endroit a été brillamment restauré et réaménagé par Duvetnor. Autour du phare pimpant, la maison du gardien est unique en son genre. Trois chambres décorées à l’ancienne y accueillent désormais ceux qui ont réservé pour la nuit. On y dort comme dans un musée! Le forfait comprend un souper de fine cuisine régionale servi dans la salle à manger de l’ancien gardien. Ne traînez pas à table, car le coucher de soleil n’attend pas… On en profite sur la terrasse, assis sur des chaises Adirondacks, en solitaire sur un rocher ou du haut du phare.

Au matin, on prend le temps d’admirer à la jumelle les voiliers et vraquiers qui passent au loin, ou les oiseaux, nombreux sur le petit bout de terre. L’île du Pot-du-Phare est notamment une vraie «crèche» à eiders, où la Société Duvetnor récolte le duvet dans les nids à la fin de la période d’incubation. Une occasion de faire le suivi biologique de l’espèce

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Sur les pas de Félix Leclerc : des souliers au lieu des fleurs au cimetière

Article publié dans Le Monde et sur le monde.fr le 10 août 2015

En ce petit matin d’été, la pelouse du paisible cimetière de Saint-Pierre-de- l’Ile-d’Orléans, au Québec, est encore imprégnée de rosée. A gauche d’une jolie chapelle au toit en bardeau, la tombe de Félix Leclerc, autrefois solitaire, est aujourd’hui bien entourée. Elle n’a pas perdu sa sobriété, voulue par l’artiste aux multiples facettes de poète, auteur-compositeur-interprète, écrivain : une pierre de granit clair, à la verticale sur l’herbe rase, porte seulement son nom et les deux dates – 1914-1988 – encadrant sa vie.

Pas d’épitaphe, pas de fleurs. Sur la tranche, des pièces de monnaie ont été posées par ses admirateurs. « Des pièces porte-bonheur, peut-être, des vœux qu’on formule en se recueillant » : Nathalie Leclerc, qui a voué une bonne partie de sa vie depuis vingt-sept ans à entretenir la mémoire de son illustre père, ne sait pas trop. Comme elle ne sait pas pourquoi, ce jour-là, il n’y a pas, « comme d’habitude, un paquet de souliers au pied de la tombe ». Peut-être le tondeur de gazon les a-t-il mis de côté pour faire son travail…

La tombe de celui qui est considéré comme le père de la chanson québécoise et l’un des premiers à avoir été reconnu comme tel en France est, depuis sa mort, le 8 août 1988, la plus visitée du petit cimetière de l’île d’Orléans, aux portes de Québec. Ses fans n’en finissent pas de venir y déposer de vieilles godasses, des tennis,…

Pour lire la suite sur le site du Devoir ou le site du monde.fr.

Découvrez des Via Ferrata québécoises

Article paru sur le site canoe.ca en mai 2015

Via Ferrata: 11 parcours rocheux au Québec

Le fjord du Saguenay à vos pieds, la canopée de la forêt de Charlevoix vue de haut, les bouillons d’un canyon près de Québec ou d’une chute en Outaouais… C’est avec tous les sens qu’on découvre certains paysages du Québec en empruntant une Via Ferrata.

Hybride entre la randonnée pédestre et l’escalade, cette activité de plein air ne requiert pas de compétence particulière, sauf être un peu en forme. Ultra-sécuritaires, les sorties sont toujours guidées et offrent différents degrés de difficultés (facile, intermédiaire, avancé) et des durées variables. Dans tous les cas, on s’en met plein la vue.

Nées en Italie, les Via Ferrata (dits aussi «parcours ferrés») se sont multipliées ces dernières années au Québec. Les onze actuelles sont désormais regroupées pour offrir une «Route des Via Ferrata», avec passeport pour profiter de rabais quand on se promène d’une région à une autre.

Le principe est toujours le même: on met son casque et on enfile un harnais d’escalade muni de deux mousquetons dont on apprend vite le maniement. Ils servent à s’attacher en permanence à un câble courant sur une paroi rocheuse. On progresse alors à son rythme le long du câble en déplaçant un mousqueton après l’autre (pour ne jamais être sans protection).

À l’horizontale, en montée ou en descente, les itinéraires sont agrémentés d’échelles et de marches d’acier pour faciliter la tâche. Et il ne faut oublier les pauses photos, car le jeu en vaut la chandelle.

Cliquez ici pour pouvoir avoir un coup d’oeil sur les 11 circuits proposés.

Entrevue à Ici Radio Canada…

Demain… SAMEDI 13 JUIN 2015, je suis invitée à l’émission de ICI RADIO-CANADA PREMIÈRE « Samedi et rien d’autre », animée par Joel Lebigot !

L’entrevue à propos de mon livre Les Inuits résistants! sera diffusée de 10h15 à 10h35. J’y serai en duo avec Lisa Koperqualuk de la Fédération des coopératives du Nouveau Québec (FCNQ) qui parlera du livre The Right To Be Cold de Sheila Watt-Cloutier, grande dame inuite.
L’émission peut être écoutée en différé sur http://ici.radio-canada.ca/emissions/samedi_dimanche/2014-2015/index.asp

Faites du camping en ville

ARTICLE PUBLIÉ SUR LE SITE DE canoe.ca | voyages

Un nouveau camping s’apprête à voir le jour au parc national des Îles-de-Boucherville. Le site sera opérationnel le 17 juillet 2015, mais les réservations sont ouvertes depuis le 22 mai. N’attendez pas si vous voulez vous échapper de Montréal et goûter aux plaisirs du camping sans vous éloigner.

L’île Grosbois, où le nouveau site est implanté, est l’une des plus sauvages du petit archipel, situé au milieu du Saint-Laurent, à l’est de Montréal. Malgré la proximité de la ville, le dépaysement est garanti, d’autant que le camping n’est pas accessible en voiture, mais seulement à pied, en vélo, canot, kayak ou chaloupe. Pour faire le trajet de trois kilomètres depuis l’île Sainte-Marguerite, avec passage de rivière sur un bac à câble, l’idéal est de partir avec un chariot (gratuit) ou de faire transporter ses bagages jusqu’au camping. Le parc offre aussi en location embarcations et vélos.

Sur place, on monte sa tente sur l’un des 54 emplacements sans services ou on s’installe dans l’une des 21 tentes Huttopia. Un dépanneur et des installations sanitaires complètes sont sur le site. Adossé à un boisé, le camping est tourné vers le Vieux-Boucherville tandis que l’autre côté de l’île a vue sur les marais.

L’île Grosbois mérite le déplacement. Au nord du parc, ceinturée par un sentier de sept kilomètres, elle est bucolique à souhait. On passe allègrement de champs de maïs à des zones d’herbages où la faune trouve refuge. Il y a de grandes chances d’y voir des cerfs de Virginie et une multitude d’oiseaux.

«Ce qui est bien, a souligné Rémi Chapados, responsable du service à la clientèle du parc, c’est qu’on est toujours à proximité de l’eau et les haltes nautiques offrent de beaux points de vue, avec aires de pique-nique à l’ombre de grands saules.»

En canot ou kayak, le chenal du Courant est un haut lieu d’observation d’oiseaux et, en vélo, le parc a une bonne vingtaine de kilomètres de pistes. Parfait pour se dégourdir les jambes.

Bon plan: les activités de découverte sont gratuites jusqu’à 17 ans, avec accompagnement d’un parent. Prêt pour un safari au crépuscule, une «chasse» au castor, la découverte d’un marais prolifique ou une remontée dans l’histoire de l’île Grosbois qui abrite un site archéologique amérindien?

Infos et réservations : www.parcquebec.com; 1 800 665-6527

Paris vu de haut

Paris vu de haut, c’est poser un regard d’ensemble – ou pointu – sur la capitale française, sous différents angles, voir émerger ces églises et autres monuments imposants qu’on a visité ou qu’on visitera un jour. Suivez le guide pour découvrir quelques sites insolites dans cet article publié sur le site du Huffington Post Québec.Toits de PARIS - Anne Pélouas

Oubliez la Tour Eiffel, le Toit de la Grande Arche de la Défense et la Tour Montparnasse du haut desquels on domine certes la capitale française mais au prix de longues files d’attente au pied des ascenseurs et en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes. Oubliez aussi, sauf exception, la multitude de bars et de restaurants chics qui ont leur « rooftop », comme disent les Parisiens ! Il existe bien d’autres façons de prendre un peu de hauteur (mais pas trop) pour découvrir cet autre Paris. Avec des vues souvent insolites sur ses typiques toits de zinc et ses nombreux monuments, sans compter d’incroyables détails architecturaux.

Parc de Belleville
Entre les vignes et la fontaine en cascade, ce petit parc du 20ème arrondissement, au nord-est de Paris, a déjà un charme fou mais au coucher du soleil, il faut avoir grimpé au sommet de la colline qui lui sert d’écrin. De la terrasse tournée vers l’ouest, la vue est imprenable sur le centre de la capitale, surtout quand le ciel s’embrase. Même quand la nuit est tombée, la Tour Eiffel brillamment éclairée semble surgir du néant…

Palais de Chaillot/Musée du quai Branly
Ces deux musées réputés se font quasiment face d’un côté de la Seine à l’autre, à l’ouest de Paris. Du Parvis des droits de l’homme et des libertés dans le 16ème arrondissement, entre le Palais de Chaillot et le Musée de l’Homme, les Jardins du Trocadéro à vos pieds descendent jusqu’au fleuve, avec la fameuse Tour Eiffel en alignement parfait ! Pour la voir d’un autre point-de-vue, on traverse la Seine pour aller prendre l’apéro sur la terrasse du chic resto Les Ombres un jour de beau temps, à défaut de pouvoir se payer cette table de renom qui partage son toit avec le Musée du quai Branly, dans le 7ème arrondissement. En prime, le Trocadéro, la belle verrière du Grand Palais et au loin plus au nord, Montmartre et le Sacré-Cœur.

Le Déli-cieux
Dans la gamme des grands magasins parisiens, le Printemps (dans le 9ème arrondissement) vous régalera à coup sûr! Sa terrasse carrée du 9ème étage a quelques bancs pour se reposer en prenant le soleil mais on peut aussi en profiter pour luncher à la cafétéria, prendre un verre ou simplement un café. Un regard pour les désormais attraits incontournables de la Tour Eiffel et de La Défense mais surtout pour s’arrêter sur de plus insolites : l’arrière de l’imposante église de La Madeleine toute en colonnes, les immeubles haussmanniens en alignement parfait, les toits étagés en zinc gris… En avant-plan, on se délecte particulièrement d’être aussi proche d’une série de dômes et de tourelles dorées, qui marquent le territoire aérien du Printemps.

Galeries Lafayette
Pas le temps de traîner… A la descente sur le boulevard Haussmann, on ne fait que quelques pas pour remonter par l’escalier roulant au sommet des Galeries Lafayette. On admire au passage, à l’intérieur, la coupole richement décorée. De la terrasse du 7ème étage, couverte de tapis vert, la coupole a nettement moins d’intérêt ! Une plaque rappelle qu’en 1919, un aviateur – Jules Védrines – a posé son appareil sur cette terrasse… Même si elle est immense, on a réellement peine à le croire. Collée sur l’arrière du Palais Garnier (Opéra national de Paris), elle est l’endroit rêvé en tout cas pour relaxer, pique-niquer, voire faire la sieste dans un fauteuil.

Pour lire plus de suggestions, visitez le site du Huffington.

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